Qal’at Karak/Citadelle de Kerak

 

 

 

Localisation : la citadelle occupe un promontoire au sud de la ville médiévale.

 

 

Réf :

Brown (1988)

Brown (1989), p.287-304

Deschamps (1939), p.35-98

Luynes (1874), p.106-129

Mauss/Sauvaire (1867)

Meinecke (1992), 4/41, 4/198, 8/23

 

 

 

Historique

 

Périodes antérieures.

La première mention d’une forteresse à Kerak a lieu lors de sa construction en 1142 par Payen le Boutelier, seigneur d’Outre Jourdain. La forteresse est achevée par Philippe de Naplouse.

En 1177 Renaud de Châtillon récupère le site.

Kerak et sa région tombe aux mains de Saladin après la bataille de Hattîn en 1187, al-‘Adîl, futur sultan de Damas, en devient le premier gouverneur. Celui-ci conserve son poste jusqu’à la mort de Saladin en 589/1193. Kerak devient ensuite une principauté indépendante et en 594/1197 la ville passe à al-Mu’azzâm ‘Isâ qui entreprend la reconstruction de la citadelle.

En 625/1228 al-Nâsir Dâwûd reçoit Kerak d’al-Kâmil, la forteresse devient le siège d’une principauté qui s’étend jusqu’à Jérusalem, Naplouse et Bayt Jibrîl.

En 647/1249 la citadelle passe, pour un temps, sous le contrôle directe du Caire.

Devant la menace mongole dans les années 1260, le dernier Ayyûbide Mughîth Fakhr al-Dîn ‘Umar tente de s’allier aux Mongoles de Hülegü, toutefois la victoire des Mamluk à ‘Ain Jalût contrarie son projet. Il est exécuté par le sultan al-Zâhir Baybars qui prend la forteresse le 24 jumada II 661/5.V.1263.

La forteresse conserve de nombreux restes de l’époque franque notamment le mur d’enceinte et les tours carrées des fronts nord (ill.12, 16, 17), est (ill.4, 5, 6) et sud. La citadelle est alors divisée en 2 : une cour basse et une cour haute (ill.1, 2, 3).

L’accès se faisait par le nord-est (ill.12-15) et menait à la cour basse avec sa chapelle et divers salles et passages voûtés (ill.50). Le front est consistait en deux murs séparés par des salles voûtées.

 

Période Mamluk.

Avec les Mamluk, Kerak va jouer un rôle politique important sans toutefois être impliqué dans le système défensif du sultanat. Bien que les attaques mongoles n’aient pas occasionné de nombreux dégâts sur la citadelle, le sultan Baybars entame un vaste programme de restauration des fronts ouest (ill.24-29) et sud. Ces travaux concernent le creusement d’un fossé sur le front sud (ill.20) pour empêcher les bombardements depuis Umm al-Thaj, la colline d’en face (ill.21, 22), une nouvelle entrée à l’ouest accessible par un sentier (ill.19), la construction de salles de réception avec décors géométriques et fenêtres grillagées, ainsi que des tours venant renforcer ces deux fronts. Baybars est de retour à Kerak le 8 safar 673/13.III.1274 pour la réparation d’une tour effondrée.

En safar 692/janvier-février 1293 un fort séisme endommage la citadelle, le sultan al-Ashraf Khalîl fait réparer les dégâts sous la conduite de l’émir Sanjar al-Shujâ’î. Ces travaux durent jusqu’en rabi’I 692/9.II-10.III.1293.

Des fouilles[1] ont permis la découverte d’un complexe (ill.44) accessible par d’étroits couloirs, il comprend une cour à iwan (ill.42, 43), des salles et une mosquée. Ce complexe a été édifié autour de 710/1310, par le sultan al-Nâsir Muhammad qui a vécu à Kerak durant l’exil qui a suivi son 2e règne. Il y préparera aussi son retour au pouvoir pour son 3e et long règne.

Vers 741/1340 le sultan al-Nâsir Ahmad érige des structures temporaires (tarima) dans la citadelle.

Après sa défaite en 791/1389, le sultan al-Zâhir Barqûq est envoyé en exil à Kerak, comme pour al-Nâsir Muhammad, celui-ci y prépare son retour en 792/1390. Bien accueilli par la population le nouveau sultan entame son 2e règne en remerciant les habitants de la ville, il promulgue alors un décret qui exemptent les habitants de Kerak de toutes taxes[2].

D’autres travaux sont mentionnés, sans précision, en 814/1411 lors de la rébellion contre le sultan al-Nâsir Faraj.

 

 

 

Epigraphie

 

n.d. Texte de construction, bandeau sur la tour T04.

 

 

 

Biblio complémentaire

Pringle (1993), p.286-295

Korn (2004), p.93-95

Meulemeester/Pringle (2008), p.236-243

Milwright (2008)

Raphael (2010), p.160-172

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1/ vue aérienne de la Citadelle

Source : Google Earth

 

2/ plan et nomenclature de la Citadelle

 

3/ plan de la Citadelle

Source : Luynes (1874)

4/ vue de la Citadelle depuis l’est

5/ vue depuis l’est

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6/ vue depuis l’est

 

7/ la partie sud depuis l’est

8/ la partie sud du front est

9/ la partie nord depuis l’est, au fond burj al-Badawî

 

10/ la partie nord du front est, avec T07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11/ le fossé depuis l’est

 

12/ la partie est du front nord avec l’entrée d’origine

 

13/ l’entrée d’origine au nord-est

14/ corridor d’accès au nord-est

15/ plan de l’entrée nord-est

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16/ front nord

 

17/ front nord, partie ouest

18/ front nord, partie ouest avec l’accès actuel

 

19/ vue du front ouest depuis T02

19b/ la partie sud de la Citadelle depuis la colline du Umm al-Thaj

 

 

 

 

 

 

 

 

20/ vue du sud-est

 

21/ la partie sud avec T03

22/ la tour T04 avec son bandeau épigraphique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23/ vue de la terrasse basse depuis le nord

 

24/ la terrasse et le front ouest

25/ l’angle nord-ouest de la terrasse basse

26/ les archères de la terrasse basse, partie nord

27/ la terrasse basse, partie sud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

28/ la terrasse basse, au fond la tour T02

 

29/ les archères de la terrasse basse, à droite la tour T02

30/ un bloc inscrit dans une archère de la terrasse basse

31/ le front ouest de la terrasse haute avec les tours T11 et T12

32/ la courtine entre les tours T10 et T11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

33/ la tour T11 et une partie de la courtine

 

34/ la tour T11 et la courtine jusqu’à T12

35/ la tour T11 vue depuis le sud

36/ le bloc sud avec la tour T04

37/ vue de la partie sud de la citadelle avec T04 et T03 à droite

 

 

 

 

 

 

 

 

38/ la tour T04

39/ les archères de T04

40/ vue de la cour haute depuis le nord

 

41/ la tour T04, au 1er plan l’entrée du corridor menant au complexe palatial

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

42/ l’angle nord-ouest de la cour à iwan du complexe palatial

 

43/ l’iwan ouest de la cour

44/ plan du complexe palatial

45/ la tour T03

46/ une des salles à proximité de la tour T03

 

 

 

 

 

 

 

 

47/ vue de la cour haute depuis le sud avec la chapelle à gauche et T07 à droite

 

48/ vue de la cour haute et de la partie nord de la citadelle

49/ l’angle nord-est de la citadelle avec la tour T01 et les salles attenantes

50/ la grande galerie au nord de la citadelle

 

 

 

 

Documents anciens, récits

 

Tristram (1874), p.90-93

« But far more important and extensive is the great castle at the southern angle. This being the most exposed point, owing to the shallowness of the Wady Kobeisheh, has been the most carefully fortified. It

is cut off from the shoulder of the adjoining hill by an immense scarped ditch, just as is the other castle; but there is no passage this way, and a wall of native rock has been left at each end, so as to form, in fact, a gigantic cistern. Beside this, there is an immense hewn ditch 100 feet wide. The outer wall of this castle is constructed on the same principle as the north-west tower, but of much greater thickness and

height, its outer length being eighty-seven yards. But this is, as it were, only the flanking work of a great fortress; for such this castle is, entirely independent of the town, from which it is separated on the north by a wide and deep ditch, now much filled in with rubbish. It forms an irregular quadrilateral, the northern side, toward the city, being nearly double the length of the south wall, and its width across

being from 220 to 250 yards. The interior of this block is one mass of vaults, arches, and galleries, all of most massive construction, with apparently only two open couit-yards. The most interesting portion of the building, and one which tells the history of its construction, is a crypt chapel, with an eastern apse, ninety feet long. It is reached by descending a circular staircase, which lands us half-way down the side of the chapel; and there is also a staircase leading to the roof, over which have evidently been other buildings. There are four very small narrow lancet windows high up ; and lamps must certainly have been required for worship here. Some fragments of columns are built sideways in the wall, and also some remains of inscriptions. There are many patches of fresco still to be seen on the walls, but all in a state of sad decay. None of the figures can be traced entire. There was one head of a saint, with a corona, left on the plaster. Besides the chapel, there are long ranges of buildings like casemates, magazines, and barracks, story above story, most solidly vaulted. These seem to have been four or five stories, or perhaps more, in height; but the upper parts are now much ruined. The different gate-ways, with all their appliances of defense on the side of the town, still remain, and it was necessary to pass through three of these in order to reach the central court. Under the great crypts are numerous vaulted and cemented reservoirs, capable of containing an ample supply of water for a long siege. Altogether, the great castle of Kerak is by far the grandest monument of crusading energy now existing. It was built under King Fulco, by one of the predecessors of Raynald of Chatillon, about a.d. 1131, and strengthened under the auspices of Godfrey of Boulogne; and in a.d. 1183 it baffled the assaults of Saladin.

The castle has more than once proved its invulnerability against attacks from the town ; while, on the other hand, its possessors have found its defenses turned to their own defeat. Thus Ibrahim Pasha, during

his conquest of Syria, in a.d. 1844, was never able to take Kerak, whose proud boast is that it yet remains a virgin city. Yet his troops occupied this castle for months, and finally, compelled by starvation to evacuate it, were for the most part slaughtered on the other side of the Wady Kobeisheh. »

 

 

 

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[1] Voir Brown (1989), p.287-304.

[2] RCEA 792003.